Le Couple & l’Argent

Pas facile de discuter sous avec sa ou son partenaire.

Pourtant vivre ensemble, c’est tout partager, du quotidien à l’exceptionnel, mais ce sujet « Argent » est souvent source de grandes tensions pour tous.


La plus part du temps, la simple question « Qui paie quoi ? » suscite déjà de multiples tensions.

Cela explique pourquoi c’est la 2ème cause de séparations et même de divorces.

Pourquoi est-ce difficile d’en parler ?


Ce style de conversation effraie de nombreuses personnes. En plus de ne pas être une discussion romantique, elle reste pour de nombreux couples un sujet interdit et sensible encore plus que la sexualité.


Beaucoup ont honte, peur du jugement de l’autre ou peur de décevoir.

Mais il est pourtant essentiel !

Il concerne autant le présent que l’avenir, et c’est en brisant ce tabou qu’on peut planifier sa vie en accord.


D’où vient notre relation liée l’argent ?


La relation que chaque individu établit avec l’argent est toujours en lien avec son histoire personnelle et familiale. En effet, les figures parentales transmettent un héritage à travers l’éducation à leur enfant avec des valeurs symboliques, affectives, des idéaux et des interdits.

De ce fait, chaque personne fonctionnera majoritairement comme il a appris.


Cependant, parfois après avoir vécu des fiascos financiers durant leur enfance, ces individus agiront à l’opposé même de l’enseignement acquis.


N’oublions pas aussi que la richesse peut-être différente en fonction de chaque personnalité, et peut être symbolisé de plusieurs manières avec le pouvoir, la liberté, l’indépendance, la sécurité, ou même le plaisir.


Donc l’enjeu pour le couple est de se construire leur propre relation à l’argent en essayant de gérer avec les vécus de chacun qui peuvent être contradictoires .


En gardant toujours à l’esprit que quand la personne se démarque de l’exemple transmis on s’attaque aussi à la gratitude qu’elle pourrait avoir pour sa famille.

Mode de fonctionnement dans votre couple


Inconsciemment, dès votre première sortie en amoureux et avec la première addition à gérer, des règles s’établissent déjà dans votre relation.


Qu’elle soit partagée ou payée entièrement par une seule personne, les bases se construisent.


Puis la routine dans le couple va s’installer et façonner le mode de gestion des finances.


Il est donc préférable, dès le début de la relation, de se comprendre et de communiquer sur la façon dont vous souhaitez fonctionner, avec les dépenses. Que ce soit sur les charges du quotidien, les factures, les sorties, les vacances, l’épargne, les investissements, …


Avec le choix d’un pot commun ou chacun pour soi, ce dilemme n'est jamais neutre dans un couple.

Comment aborder le sujet ?


Le budget est un excellent point de départ.

Faire son plan budgétaire en couple, permet de parler ouvertement de ses revenus, de ses dépenses, ainsi que de ses priorités, comme s’offrir du bon temps ou de mettre des sous de côté.


N’oubliez pas que c’est un dialogue sensible donc on n’impose pas sa vision. C’est important de pouvoir en discuter avec respect, d’être ouvert aux compromis et de ne faire aucune cachotterie.


Avoir des problèmes financiers, c’est lourd à porter. Cacher sa situation à son conjoint, ne fera qu’ajouter un poids supplémentaire.

Donc arrêtez de craindre votre partenaire. Cette personne-là vous a choisi pour partager sa vie avec elle. Elle mérite que vous lui fassiez confiance.

Il est même fort probable qu’elle va vouloir trouver des solutions avec vous .


N’oubliez pas non plus qu’un budget fluctue souvent avec des hausses ou des baisses revenus. C’est quelque chose qui mérite un suivi et des ajustements dans le temps.


Pour toutes ces raisons, vos finances devraient être plus qu’un sujet de conversation normal avec votre partenaire, une chose dont vous parlez régulièrement

Comme vouloir proposer des moyens pour épargner ou de stratégies pour réduire des dettes, …

En cas de dettes


Lorsqu’on apprend que l’un des partenaires a des problèmes financiers, nous nous retrouvons souvent face à une situation délicate avec beaucoup de stress, pouvant créer de nombreuses disputes, ainsi que de multiples

interrogations du style: « Ses dettes deviennent-elles mes dettes comme on est en couple ? », …


Et encore plus si les deux membres du couple ont tous les deux des soucis bancaires: « Ses dettes + Mes dettes = Nos Dettes ? »


Sachez que la vie de couple ne vous rend pas nécessairement responsable des dettes de la personne avec qui vous choisissez de faire votre vie, mais tout dépend de la nature des dettes, et du régime matrimonial.


Les différents modes de fonctionnement


Le mode de gestion des comptes bancaires retenu reflète les valeurs qui caractérisent chaque couple. Les comptes individuels sont fréquemment associés à des notions d’indépendance et de liberté, alors que les comptes communs sont liés à la recherche de solidarité et de partage, faisant écho à la fraternité.

  • Un seul compte joint


Les couples qui optent pour un compte unique sont le plus souvent dans une logique d’un amour fusionnel et refusent d’adopter une logique comptable, à compter chaque centime. Pour eux, ils se sont mis ensemble, pour tout décider et partager à 2. Comme beaucoup me disent au cabinet: « S’aimer c’est tout mettre en commun, même l’argent ! »


Il est aussi idéal quand on veut planifier à long terme pour des projets, avec l'argent accumulé en surplus qui représente l'épargne commune. Cela nécessite en revanche de se faire mutuellement confiance, car l'argent appartient aux deux conjoints et peut être dépensé par les deux.


  • Deux comptes séparés et un compte joint pour les dépenses communes

  • Deux comptes individuels uniquement

Les couples qui optent pour des comptes individuels cherchent généralement à garder leur indépendance financière, à s’offrir une certaine autonomie décisionnelle, et à limiter les difficultés en cas de séparation future.


Le choix de la répartition


Après avoir décidé de partager l'épargne ou les dépenses, il est important de se mettre d'accord sur la contribution de chacun au budget du couple.


  • On paye à tour de rôle

Cette méthode est généralement pour ceux qui ne vivent pas encore ensemble ou en début de relation, les couples optent alors pour le paiement à tour de rôle sans trop se préoccuper des montants.

Cette simplicité est appréciable tant que les dépenses communes sont anecdotiques (principalement des sorties).

Mais une fois que le couple emménage ensemble, il faudra envisager une méthode plus élaborée pour préserver l'équité et permettre des projets de plus grande envergure.

  • Budgéter 50-50

C'est la formule la plus utilisée quand les conjoints ont des revenus similaires. Simple et intuitif, chacun contribue aux dépenses ou à l'épargne du couple. Dans cette méthode, chaque partenaire dépose 50% des dépenses communes sur un compte joint qui accueillera tous les prélèvements et débits CB des charges communes.


Il est en revanche important de réévaluer la répartition 50-50 du budget si le revenu d'un des partenaires change, sinon la situation deviendra vite intenable. Et une autre méthode devra être choisi car le système peut vite apparaître critiquable. Même si la personne qui gagne le plus, prend à sa charge certaines dépenses (courses, loisirs, vacances…) pour compenser.

Cela peut paraître en premier lieu un ajustement discrétionnaire mais qui peut entraîner pour le couple à un jeu de pouvoir néfaste, en donnant une allure de cadeau à ce qui est en réalité une rustine sur un système imparfait.



  • Faire un budget au prorata des revenus

Bien souvent, les conjoints qui ont des salaires inégaux optent pour un budget au prorata des revenus. Chacun contribue à la hauteur de ce qu'il peut, et tous les deux progressent ensemble vers leurs projets communs, comme l'achat d'une propriété. Cela a surtout comme avantage d'enlever de la pression au partenaire qui a le plus petit salaire.

  • Chacun paie ses factures

Pas de compte commun, on conserve l'argent dans ses comptes bancaires. Ce sont plutôt les factures qui sont réparties entre les deux conjoints. Chaque partenaire paie séparément sa part de loyer ainsi que les factures.

C'est souvent le choix des jeunes couples, encore locataires, pour qui les dépenses sont simples et prévisibles la plupart du temps.

Cela permet de garder une certaine indépendance financière dans le couple, mais on peut demander une révision régulière du partage des factures quand celles-ci augmentent de façon inégale. Garder la trace de toutes les factures à se répartir peut parfois se relever difficile.Grâce aux applications de budget cela reste réalisable pour les personnes qui le souhaitent.

  • L’un paie les dépenses logement, l'autre paie les autres frais


Dans cette méthode, un partenaire prend en charge les paiements réguliers (loyer, électricité, eau, gaz, assurances, …), tandis que l'autre paie les dépenses du quotidien (alimentation, essence, sorties, …).


Cette organisation est très bancale et rarement délibérée. Elle arrive en général dans la panique, au moment de l'emménagement en commun lorsqu'il faut répartir les factures et que l'on n’a pas encore de compte joint.


La personne en charge des dépenses variables a une moindre visibilité sur son budget et subit donc un stress financier plus important.


Et la logistique veut que ce soit toujours la même personne qui fasse les courses. Cette organisation peut rapidement poser problème. Le seul avantage, c'est qu'il n'y a pas besoin de compte joint. Mais une transition vers un autre mode de fonctionnement devra être nécessaire à terme.

  • On met tout en commun

Un seul compte, une même banque. C'est un engagement symbolique, souvent pratiqué par les couples établis depuis longtemps ou avec des enfants.


Même si le couple est totalement à l'aise avec le partage intégral, et qu'il a des valeurs communes sur la consommation et l'épargne, elle ne permet aucun jardin secret.

Conclusion


Peu importe votre choix, des discussions franches et ouvertes permettent à tout le monde d'être confiant et à l'aise pour avancer dans tous les projets de vie d'un couple, du quotidien comme dans le futur.