Quand le porno déforme notre vision des relations sexuelles

Aujourd'hui, la pornographie est devenue quelque chose de banale. N'importe qui peut, en seulement quelques clics, accéder à toutes sortes de vidéos plus explicites les unes que les autres. Et celles-ci ont une fâcheuse tendance à fausser l'image de ce que devraient être les rapports sexuels.



Pour exemple, la durée moyenne d'un coït dans la vie réelle est d'environ 5,4 minutes (même si cet intervalle peut s'étendre de 33 secondes à 40 minutes). Un film pornographie dure généralement 90 minutes et contient entre 5 à 7 scènes d'une douzaine de minutes chacune. On est donc bien loin de la réalité.


Si vous débutez votre vie sexuelle, prenez garde. Le porno n'est pas la bonne école. Tout y est factice et  mtruqué. À commencer par l'image de la femme, qui dans la vie réelle n'est pas à faire l'amour 24h/24, n'importe où et avec n'importe qui. Ni avec plusieurs hommes en même temps ou avec une autre femme.


Quelles sont les réélles différences ?


  • Les préliminaires

Dans les films X, le plaisir est simulé. Pas besoin de préliminaire, ce n'est pas l'objectif. Les acteurs sont prêts, échauffés et entrent directement dans le vif de l'action.

Évidemment dans la vraie vie, il arrive d’avoir des envies soudaines, mais de façon générale, il faut une dizaine de minute pour être préparé.


  • La communication et le désir Sexuel

Dans plus de 90% des scénarios, les interprètes viennent à peine de se rencontrer, que déjà ils se dévêtissent et enchaînent un orgasme.


On ne se préoccupe ni du désir, ni du bien-être de l'autre.


La mise en scène est préparée en amont et dictée à voix haute aux comédiens durant les scènes. Puis le son est doublé en studio.


Dans la réalité, on ne saute pas généralement sur le premier inconnu que l'on croise, ...


  • Les poils

Alors dans les films, tout le monde est imberbe. Les poils véhiculent une image négative pour les spectateurs.


Dans le quotidien, on est loin de la réalité. 65% des femmes et 85% des hommes gardent leurs pilosités pubiennes, soit par manque de temps, ou tout simplement parce qu'ils en ont envie.


  • Le physique


Le principal critère de recrutement est l'apparence corporelle.


Pour les hommes, la taille du pénis sera la priorité.

Et oui, tout le film est tourné autour de cela. Il est donc important pour le (la) réalisateur(trice) que l'acteur principal ait un sexe impressionnant.

Or, tous les hommes ne sont pas bâtis comme Rocco Siffredi ou James Deen, avec des pénis de plus de 20 cm en érection. (À vrai dire, cela concernent seulement 1% des hommes). La moyenne des sexes masculins en érection se situe entre 12,8 cm et 14,5 cm. (en France)


Et pour la petite anecdote, c’est un américain, Jonah Falcon, qui possède le plus gros sexe au monde, à savoir 24,13 cm au repos et 34,29 cm en érection. Cependant, il a décliné toutes les propositions faites par le monde du X.


Pour les femmes, la taille de la poitrine sera l'un des critères principaux.

De ce fait, la majorité voir la totalité des actrices ont leurs poitrines refaites.


Après tous les films sont tournés avec des objectifs grands angles.

Une astuce qui permet de grossir les sexes et les seins !



  • La durée des rapports

Dans le film hard, un tournage se déroule sur plusieurs jours. Tourner une scène d'environ 30 minutes peut prendre entre 5 à 12 heures.



  • Le nombre de positions


Dans les productions, le scénario oblige à enchaîner un maximum de positions pour une seule et même séquence.

Comme une chorégraphie, 1, 2, 3, ... on change. Grand écart, Brouette thaïlandaise, Union du scorpion, Amazone, ...


Alors qu'en réalité, si on est bien dans une position, pourquoi en changer.



  • La nature des positions

Pour qu’un film porno passe bien à l'écran, il faut que la caméra puisse capter et dévoiler les points les plus accrocheurs, comme les organes génitaux.


Les positions choisies, les plus acrobatiques, voire douloureuses ne sont pas celles qui procurent le plus de plaisir et encore moins celles que pratiquent les couples dans leur vie sexuelle de tous les jours.


Donc, place aux jeux olympiques du sexe, sans tendresse, ni amour.


On retrouve aussi fréquemment des vidéos de filles qui couchent ensemble. Pourtant ça ne reflète pas la réalité dans la mesure où seulement 10% des femmes (entre 25 et 34 ans) ont déjà eu une expérience avec une personne du même sexe.


Aussi, sachez une chose Messieurs, la grande majorité des femmes ne fonctionnent pas du tout comme les actrices de hard.

Donc pas besoin de jouer du marteau-piqueur pour qu’elles jouissent ;-)


  • L'éjaculation

Pour glorifier l’image de "l’étalon honorant sa bien-aimée", les réalisateurs de films pornos ont anticipé qu’il fallait que leurs acteurs éjaculent une quantité phénoménale de sperme.


Dans la réalité, un homme ne produit que de 2 à 6 ml de sperme par éjaculation, ce qui est très peu visuellement . Alors, pour accentuer cette image d'inondation, ils ont recours à des dispositifs très ingénieux, composés d’une petite poire et d’un fin tuyau scotché sous la verge de l’homme. Ils créent ainsi par simulation une éjaculation abondante (remplaçant souvent la naturelle éjaculation, que l’acteur n’a pas toujours). L’illusion est parfaite ( texture et couleur du sperme).



  • La fellation hard

C'est le grand classique dans tout film porno. L'acteur fait engloutir son membre tout entier, à sa partenaire en appuyant sur sa tête, provoquant au passage une réaction réflexe très douloureuse, qui peut aller jusqu'à la régurgitation.


Une vraie fellation, faite avec douceur et amour est bien plus agréable pour la femme mais également pour l’homme.


  • La bifle

Contraction des mots « baffe » et « bite », la bifle est une pratique sexuelle qui consiste, à porter de petits coups avec son pénis sur une partie du corps de son partenaire, généralement le visage.


Une fois de plus, on doit aux scénaristes la recrudescence des bifles dans les pratiques sexuelles. Avec dans le script, une verge qui frappe une joue ou un clitoris, que l'on considère comme étant visuellement exaltant.



  • Les insultes

Le dialogue est important pour une bonne entente sexuelle et laisser parler ses émotions fait partie du plaisir partagé par le couple. Quelques mots crus ne sont pas interdits, s’ils sont dits avec tendresse et amour et surtout si l'envie est partagée par les deux partenaires. Au risque de ne pas aller au bout de votre relation sexuelle.



  • La sodomie

En dehors du milieu du X, le sexe anal n’est pas banal. Il n’est pas toujours apprécié des femmes. Beaucoup d'entre elles trouvent cela dégradant, dégoutant et même douloureux (4 femmes sur 10 ont déjà testées).


Dès qu’elle est pratiquée avec l’accord explicite des deux partenaires, elle doit être préparée avec soin et réalisée avec une extrême douceur. (7 % la pratique).


Contrairement aux films X (où la scène de lavement interne est coupée au montage), il ne faut jamais revenir dans le vagin après avoir pénétré l’anus. Cette pratique est génératrice d’infections. Et ne parlons même pas de la fellation après la sodomie.


  • La double pénétration

Les plans à 3 sont l’une des normes du porno. Mais dans les faits, seules 9% des femmes (de 25 à 34 ans) ont déjà essayé.


Si on veut un plan à trois, on en discute en couple et on se met d'accord.


  • Le sexe de groupe

Cette pratique est de plus en plus présente dans les films X.

Pour rappel, les personnes qui y jouent sont tous des acteurs. Il s’agit pour eux d’un métier. Une fois les scènes tournées, chacun rentre chez soi…

Dans les films, tout le monde semble d’accord et cela se fait simplement.

Dans la vraie vie, une relation de couple se construit dans la bienveillance et la confiance. Si vous souhaitez modifier votre mode de fonctionnement, il vous faudra maintes discussions avec votre conjoint.


  • L’éjaculation faciale

Cette pratique fait énormément fantasmer les hommes mais fait fuir la plupart les femmes.

Pour la majorité des filles, il s’agit surtout de quelque chose de dégradant, qu’elles ont du mal à comprendre et à accepter. (1 femme sur 6 accepte cette pratique).


  • La violence

Nombreux films pornos intègrent des scènes de violence. Cela donne à celui qui les regarde un sentiment que tout est possible et autorisé, que la femme est un simple objet du plaisir masculin dominateur. Mais n'oubliez pas que tout acte est simulé.


En matière d’amour, n’est permis que ce qui est explicitement accepté par les deux partenaires.



  • Le préservatif

C'est un sujet délicat dans la productions de films pour adulte. Beaucoup délaissent ce geste essentiel.


En théorie le port du préservatif est obligatoire dans les réalisations (loi du 08/11/2012) et doit s’accompagner d’un test HIV de moins de trois semaines. Dans les faits, ce n'est pas toujours le cas.


Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le VIH est loin d’avoir disparu. Alors, même si la présence du préservatif sur nos écran laisse à désirer, n'oubliez pas d'en porter dans la réalité.


  • Le lubrifiant

Dans les films X, les hommes ont des sexes taille XXL. font l’impasse sur les préliminaires, tentent la petite porte, utilisent des accessoires sexuels à sec, ...Dans la réalité, n'oubliez pas que tout cela se fait à haute dose de lubrifiant, que les actrices utilisent hors champ.


On ne peut pas faire tout et n'importe quoi sans une bonne lubrification.

Avoir un flacon de lubrifiant est indispensable que ce soit pour l'application sur des sextoys, pour une pénétration anale ou encore lors de sécheresse vaginale.




Conclusion:

Messieurs, la femme n'est pas un objet sexuel, juste apte à satisfaire vos besoins et désirs !

Le porno n’est pas la vraie vie, ni de l'amour. C’est du cinéma.


Les films pornographiques sont JOUÉS par des acteurs et actrices de hard.

Quand une femme dit « non », ça veut dire « non », et pas « peut-être ».