Saint-Valentin, anniversaire de mariage, date de rencontre : faut-il vraiment fêter quand le couple va mal ?
- 4 févr.
- 14 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 août
Un cœur rouge en vitrine. Une notification qui s'allume sur le téléphone : « bientôt votre anniversaire de mariage ». Et immédiatement, cette petite boule au ventre.
Il y a des dates qu'on entoure en rouge sur le calendrier, qu'on attend avec impatience. Et d'autres qu'on aimerait voir passer sans bruit, parce qu'elles mettent brutalement en lumière l'état réel du couple, celui que le quotidien permet parfois de mettre entre parenthèses.
La Saint-Valentin, votre anniversaire de mariage, la date de votre rencontre : autant de jours censés célébrer le lien. Quand il va mal, ils font tout le contraire. Ils appuient exactement là où ça fait mal.
Parce qu'une date symbolique ne répare rien. Elle révèle. Elle ne crée ni la distance, ni la baisse du désir, ni les non-dits accumulés : elle les met en pleine lumière, un soir précis, sans prévenir.
Alors les questions tombent, et elles n'ont rien d'anodin :
« Faut-il vraiment fêter ? »
« Est-ce une preuve d'amour, ou une façon d'éviter le vrai sujet ? »
« Et si on fête, et qu'il ne se passe rien ? »
Que vous soyez mariés ou non, en couple hétérosexuel ou homosexuel, ensemble depuis trois ans ou depuis trente, ces dates rendent souvent visible ce que le quotidien permet de contourner.
Aucune de ces réponses n'est imposée. Fêter, s'abstenir ou marquer la date autrement : chacune de ces options peut être juste, à condition qu'elle corresponde à ce que vous vivez vraiment. Voici comment comprendre ce que ces dates révèlent, et décider, en conscience, de fêter, de vous abstenir ou de les vivre autrement.

Sommaire
1- Pourquoi ces dates pèsent autant quand le couple va mal
Dans un couple apaisé, la Saint-Valentin, un anniversaire de mariage ou la date d'une rencontre ne posent généralement pas de question particulière. On fête, ou on ne fête pas, sans que cela engage grand-chose. Le rituel reste léger parce que le lien, lui, est vivant.
Quand le couple traverse une période difficile, tout change. La date prend soudain une charge émotionnelle bien plus forte. Elle agit comme un projecteur braqué sur la relation et éclaire ce que le quotidien parvenait jusque-là à mettre en arrière-plan : la distance qui s'est installée, le désir qui s'est fait plus rare, la fatigue relationnelle, les non-dits accumulés.
Ce ne sont pas ces moments qui créent les problèmes. Ils les rendent simplement plus difficiles à éviter, comme une lumière trop vive sur un décor qu'on préférait laisser dans la pénombre. Et le plus troublant, c'est que le calendrier ne prévient pas : la même date qui vous faisait vibrer il y a dix ans peut aujourd'hui vous nouer le ventre.
C'est pourquoi, lorsque la question « faut-il fêter ? » devient source d'angoisse ou de malaise, elle mérite d'être entendue. Elle peut signaler qu'un décalage s'est creusé entre les rituels du couple et sa réalité affective. Car derrière cette question en apparence banale se cachent parfois d'autres interrogations :
« Est-ce que nous sommes encore capables de célébrer quelque chose ensemble ? »
« Est-ce que je vais devoir faire semblant ? »
« Est-ce que cette journée va me rappeler tout ce qui ne va plus entre nous ? »
Et parfois, la question la plus douloureuse : « Qu'est-ce que cette date dit de notre couple aujourd'hui ? »
Comprendre cela, ce n'est pas se résigner. C'est au contraire retrouver une marge de choix : une fois que l'on sait ce que la date met en lumière, on peut décider quoi en faire, plutôt que de la subir.
2- Fêter « comme avant » : quand le rituel devient une façade
Beaucoup, malgré tout, continuent de fêter. On réserve une table pour la Saint-Valentin, on prévoit un cadeau pour l'anniversaire de mariage, on marque la date de la rencontre comme les autres années.
Par habitude. Par loyauté envers l'histoire commune. Par peur de blesser l'autre. Ou simplement parce qu'il est plus facile de reproduire un rituel connu que de regarder en face ce qui s'est abîmé.
Dans ce contexte, le geste peut devenir une tentative de maintenir, pour soi-même autant que pour l'autre, une apparence de normalité. Le cadeau sert alors d'écran : une manière de dire quelque chose quand les mots ne circulent plus, ou de compenser ce qui ne fonctionne plus dans le lien.
Mais un cadeau ne peut pas, à lui seul, recréer ce qui manque dans la relation. Il ne remplace ni la présence, ni l'intimité, ni la connexion émotionnelle. On partage un moment sans y être vraiment. On attend un élan que l'autre n'est plus en mesure de donner. Et l'on mesure, en creux, l'écart entre le couple que l'on était et celui que l'on est devenu.
La soirée se déroule parfois sans le moindre conflit. Le restaurant est agréable, le cadeau est offert, quelques photos sont prises. Et pourtant, une fois le moment passé, il peut rester une sensation de vide, de tristesse, parfois même de solitude à deux.
Car ce qui fait mal, ce n'est pas l'absence de cadeau. C'est l'absence de lien vivant derrière le geste.
3- Le piège du désir : quand la date devient un test
Ces dates portent souvent une attente implicite : celle d'un rapprochement, d'un moment d'intimité, parfois même d'une sexualité qui serait censée aller de soi. Un dîner d'anniversaire de mariage, comme une soirée de Saint-Valentin, charrie souvent la même promesse silencieuse. Même lorsque personne ne la formule, elle est là, en filigrane.
Tant que le désir circule, cette attente ne pose généralement pas de problème. Mais lorsqu'il est fragile, absent ou devenu source de tension, la date peut se transformer en épreuve.
Celui ou celle qui n'a plus de désir peut vivre le moment comme une contrainte. Celui ou celle qui en a encore peut nourrir un espoir silencieux, parfois déjà teinté de déception. Dans les deux cas, le décalage se creuse. La soirée devient alors un test :
« Vais-je avoir envie ? »
« L'autre va-t-il attendre quelque chose ? »
« Que se passera-t-il si rien ne vient ? »
Et c'est précisément cette pression qui peut contribuer à inhiber le désir. Le désir supporte mal l'obligation de répondre présent à une date précise. Lorsqu'il devient une attente à satisfaire ou une preuve à apporter, le corps peut se mettre en retrait : moins d'élan, moins de disponibilité, davantage d'évitement. Et la distance peut alors s'installer encore davantage.
Le problème n'est donc pas de savoir s'il faut avoir une relation sexuelle le soir de la Saint-Valentin ou d'un anniversaire de mariage. La vraie question est de savoir si chacun se sent libre d'en avoir envie, ou de ne pas en avoir envie.
J'explore plus largement ce mécanisme dans mon article consacré à la perte de désir dans le couple.
4- Ne pas fêter : rejet ou lucidité ?
Ne pas célébrer une date symbolique est souvent mal interprété. Le geste est vite lu comme du désintérêt, un rejet ou une remise en cause du couple.
Pourtant, ne pas fêter n'est pas forcément un renoncement. Cela peut être un acte de lucidité : reconnaître que le lien traverse une période fragile et qu'un rituel vidé de son sens ferait plus de mal que de bien. Cela peut aussi être une façon de se protéger, d'éviter une soirée sous tension, une attente déçue ou une nouvelle mise à l'épreuve du désir.
Refuser le rituel ne signifie pas nécessairement refuser l'autre. Ce peut même être le premier geste honnête posé envers la relation, en attendant de pouvoir se retrouver autrement.
À une condition, et elle est essentielle : que ce choix soit dit, et non imposé dans le silence. Car un « on ne fête pas cette année » posé à voix haute peut ouvrir un espace de vérité, là où le silence, lorsqu'il est subi ou interprété par l'autre, éloigne davantage.
À retenir : Ce qui compte, quand le couple va mal, n'est pas tant le choix de fêter ou de s'abstenir que la manière dont ce choix est posé : à voix haute, en accord avec ce que chacun vit, plutôt que subi ou masqué. Un rituel maintenu par automatisme comme un refus imposé en silence peuvent, l'un comme l'autre, entretenir l'éloignement.
5- Quand l'un veut fêter et l'autre non
Il y a une situation dont on parle rarement, et qui est pourtant fréquente. La question n'est plus seulement « faut-il fêter ? », mais : « et si nous ne voulons pas la même chose ? »
L'un a besoin de marquer la date. L'autre n'a envie de rien. Et chacun peut repartir avec le sentiment de ne pas être compris.
Les positions se figent vite. L'un veut un restaurant, un cadeau, un moment à part. L'autre veut simplement passer la journée comme les autres. L'un y voit une preuve d'amour. L'autre y voit une obligation.
Et le plus douloureux, c'est que chacun peut ressortir frustré. Celui qui accepte de ne pas fêter peut le vivre comme un rejet. Celui qui accepte de fêter peut le vivre comme une contrainte. Personne n'a vraiment le sentiment d'avoir été entendu.
Face à ce désaccord, on cherche souvent un compromis : couper la poire en deux, prévoir un petit geste pour contenter l'un sans trop peser sur l'autre. Mais un compromis « moitié-moitié » peut laisser les deux insatisfaits lorsqu'il ne s'intéresse qu'au rituel, sans chercher à comprendre ce qui se joue derrière.
Car derrière la position de chacun se trouve souvent un besoin plus profond, rarement formulé.
Derrière « je veux qu'on fête notre anniversaire », il peut y avoir : « J'ai besoin de sentir que notre histoire compte encore pour toi. »
Et derrière « je ne veux pas fêter », il peut y avoir : « Je ne veux pas faire semblant que tout va bien. »
Formulé ainsi, le désaccord change de nature. Ce ne sont plus seulement deux volontés qui s'opposent, mais deux besoins qui cherchent à être entendus. L'un demande peut-être de la reconnaissance. L'autre, de l'authenticité. Et ces deux besoins ne sont pas nécessairement incompatibles.
La vraie question n'est donc pas « qui a raison, celui qui veut fêter ou celui qui refuse ? » Elle est plutôt : « Qu'est-ce que chacun cherche à obtenir, ou à protéger, à travers cette date ? »
C'est en répondant à cette question, plutôt qu'en négociant uniquement le programme de la soirée, qu'un couple peut retrouver un terrain commun.
Quand la date elle-même est douloureuse
Il faut aussi ajouter une nuance : toutes les dates ne se valent pas. Certaines ne sont pas seulement symboliques. Elles sont chargées d'une histoire douloureuse, parfois différente pour chacun des partenaires : un anniversaire de rencontre marqué par une trahison, un anniversaire de mariage qui suit une séparation, une date qui réveille un deuil ou une épreuve traversée ensemble.
Ce qui représente une fête pour l'un peut ainsi être une blessure pour l'autre. Là encore, avant de décider quoi faire de cette date, il peut être utile de se demander : « Qu'est-ce que cette date réveille chez moi ? Et qu'est-ce qu'elle peut réveiller chez l'autre ? »
Parce qu'avant de choisir comment célébrer une histoire, encore faut-il pouvoir reconnaître ce que cette histoire fait ressentir aujourd'hui.
6- Fêter autrement : le rituel qui dit vrai
Fêter n'est pas toujours à exclure, loin de là. Dans bien des couples en difficulté, cela peut garder tout son sens, à condition que le geste soit aligné avec la réalité de la relation.
Les travaux de John Gottman sur les couples ont notamment mis en évidence l'importance des petits gestes de connexion du quotidien et des rituels qui permettent aux partenaires de se retrouver. Le problème n'est donc pas le rituel en lui-même. C'est le rituel qui ne correspond plus à ce que le couple vit.
Fêter peut retrouver du sens lorsque le malaise est reconnu par les deux, lorsque les difficultés peuvent être nommées, même maladroitement, et qu'il n'y a ni attente cachée, ni tentative de réparation déguisée, ni test du désir. La date ne sert alors plus à compenser ce qui ne va pas. Elle sert à reconnaître une histoire partagée, un chemin commun et, parfois, simplement la volonté de rester en lien malgré les fragilités.
Concrètement, cela signifie souvent baisser les enjeux. Remplacer la grande soirée qui devrait tout prouver par un moment simple et vrai : une marche, un repas préparé ensemble, quelques heures sans téléphone, un vrai temps de parole, ou simplement une phrase honnête comme : « Je ne sais pas trop où on en est, mais j'avais envie qu'on prenne ce moment. »
Peu importe que ce soit un 14 février, le jour de vos noces ou l'anniversaire de votre première rencontre. Ce qui compte, c'est d'y être vraiment.
Fêter ainsi n'est pas une performance. Ce n'est pas non plus une tentative de faire croire que tout va bien. C'est un moment ajusté à ce que le couple est capable de vivre aujourd'hui, sans pression, sans obligation et sans illusion. Et parfois, un moment simple où chacun peut être réellement présent a davantage de valeur qu'un dîner parfait derrière lequel personne n'ose dire ce qui se passe vraiment.
7- La pression sociale et le mythe du couple parfait
Jusqu'ici, il était question de ce qui se joue à l'intérieur du couple. Mais ces dates ne se vivent jamais tout à fait en vase clos : elles se déroulent sous un regard extérieur, réel ou imaginé, qui pèse lui aussi.
La Saint-Valentin, les anniversaires de mariage, la date de la rencontre véhiculent une idée tenace : un couple qui s'aime doit célébrer, montrer son amour et entretenir les signes de son bonheur. Les réseaux sociaux amplifient encore ce message. Dîners aux chandelles, bouquets, cadeaux, déclarations publiques et photographies de couples heureux donnent l'impression qu'une relation épanouie doit être visible, célébrée et constamment mise en scène.
Cette norme crée une pression silencieuse, non plus seulement entre les partenaires, mais vis-à-vis des autres. Elle peut pousser certains couples à maintenir des rituels qui ne leur correspondent plus, par peur d'être jugés, de décevoir l'entourage, ou simplement d'avouer, même à demi-mot, que quelque chose s'est fragilisé. On continue alors à faire « comme il faut » : on réserve, on offre, on publie éventuellement une photo. Et derrière cette apparence de continuité, chacun peut pourtant ressentir tout autre chose.
Le problème n'est pas de célébrer. Il commence lorsque l'image du couple, celle que l'on donne à voir, devient plus importante que ce que le couple vit réellement.
Car un couple ne se mesure pas à la beauté de son dîner de Saint-Valentin, au prix de son cadeau ou à la photo publiée le jour de son anniversaire de mariage. Il se mesure aussi à sa capacité à reconnaître ses fragilités, à parler de ce qui fait mal, à traverser les périodes de doute et à chercher ensemble une manière plus juste d'être en lien.
Vous n'avez pas à prouver que votre couple va bien parce qu'une date, ou un fil d'actualité, vous demande de le montrer. Vous avez surtout à vous demander ce qui est vrai pour vous deux, aujourd'hui.
8- La seule vraie question : fêter, ou faire semblant ?
Il n'existe pas de règle universelle. Ni obligation de célébrer, ni obligation de s'abstenir. Vous pouvez fêter. Vous pouvez ne pas fêter. Vous pouvez aussi décider de marquer cette date autrement.
La question essentielle est ailleurs : est-ce que ce que nous faisons correspond à ce que nous vivons réellement ?
Fêter pour éviter un malaise ne le fait pas disparaître. Mais ne pas fêter sans en parler peut, lui aussi, creuser la distance. Faire semblant peut permettre de préserver les apparences et d'éviter une conversation difficile sur le moment. À long terme, pourtant, cela entretient souvent la confusion et l'éloignement.
À l'inverse, pouvoir dire « je n'ai pas envie de faire comme si tout allait bien », « cette date me met mal à l'aise » ou simplement « je ne sais pas comment nous avons envie de la vivre cette année » ouvre un espace de vérité. Et cette vérité n'oblige pas à tout régler ce jour-là. Elle permet simplement de ne plus faire porter au rituel ce que seul le couple peut réellement travailler : la distance, le ressentiment, le désir, les blessures ou les incertitudes.
Au fond, la question n'est pas de savoir s'il faut absolument fêter une date symbolique. Elle est de savoir si ce que vous choisissez de faire ce jour-là est encore vivant pour vous deux.
Conclusion
La Saint-Valentin, un anniversaire de mariage, la date d'une rencontre ou toute autre date symbolique ne changent rien, à eux seuls, à l'état d'un couple. Elles ne réparent pas. Elles révèlent. Elles rendent simplement plus visibles ce qui ne circule plus, ce qui ne se dit plus, ce qui fait mal ou ce qui reste en suspens.
Lorsque ces moments deviennent sources de tension, de silence ou de déception, ce n'est pas un détail. C'est souvent le signe que le couple a atteint les limites de son fonctionnement actuel. Cela ne signifie pas nécessairement qu'il n'y a plus d'amour, mais que les manières habituelles d'être ensemble ne suffisent peut-être plus.
Alors, quoi que vous décidiez cette année, fêter, vous abstenir ou inventer autre chose, faites de cette date une occasion de dire quelque chose de vrai. Pas de faire semblant. Pas de prouver que tout va bien. Pas de réparer en une soirée ce qui s'est construit ou abîmé au fil des mois. Simplement de regarder où vous en êtes.
C'est peut-être cela, au fond, le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire lorsque le lien vacille : cesser de jouer le couple que vous étiez et commencer à regarder honnêtement celui que vous êtes aujourd'hui.
Ce qui ne se dit pas enferme. Ce qui se pense se transforme.
Quand ces dates réveillent davantage de tristesse que de tendresse, davantage d'angoisse que de plaisir, ou lorsqu'elles deviennent le révélateur d'un malaise que vous n'arrivez plus à contourner, c'est peut-être le moment d'en parler. La thérapie de couple peut offrir un cadre pour mettre des mots là où le dialogue s'est figé, comprendre ce qui s'est abîmé et explorer ce qui peut encore être travaillé ensemble.
Je vous accueille au cabinet à Rouhling, près de Sarreguemines en Moselle, ainsi qu'en visio, en couple ou seul(e), lorsque l'un des deux souhaite commencer à réfléchir à la situation.
Vos questions fréquentes
Mon partenaire n'a rien prévu pour la Saint-Valentin ou notre anniversaire, dois-je m'inquiéter ?
Pas nécessairement. Certaines personnes n'accordent tout simplement pas beaucoup d'importance à ces dates, sans que cela dise quoi que ce soit de leur amour ou de leur engagement.
Ce qui mérite davantage d'attention, ce n'est pas l'absence de geste un jour précis, mais un éloignement qui s'installe dans la durée. Le plus utile est alors de parler de ce que vous ressentez et de ce que vous auriez aimé, plutôt que d'attendre que l'autre devine.
Faut-il s'offrir des cadeaux quand le couple traverse une crise ?
Il n'y a pas de règle. Un cadeau offert avec sincérité peut être un beau geste de lien, même lorsque le couple traverse une période difficile.
Mais s'il sert à combler un vide dont on ne parle pas, il peut devenir une manière de détourner l'attention du véritable problème sans le résoudre. La question n'est donc pas vraiment « cadeau ou pas ? », mais plutôt : « Est-ce que ce geste exprime quelque chose de vrai entre nous, ou permet-il d'éviter de le dire ? »
Comment dire à mon partenaire que je n'ai pas envie de fêter cette année ?
Parlez de ce que vous ressentez et de ce dont vous avez besoin, plutôt que de porter un jugement sur la relation. Et si possible, faites-le à froid, plutôt que la veille de la date. Vous pouvez par exemple dire : « Cette année, une soirée qui doit tout prouver me mettrait mal à l'aise. J'aimerais qu'on prenne plutôt un moment simple, sans pression. »
Formulé ainsi, ce n'est pas nécessairement un rejet de l'autre. C'est une manière de dire honnêtement où vous en êtes. Ce qui peut surtout blesser, ce n'est pas de ne pas fêter, mais de découvrir la décision dans le silence ou de la subir sans explication.
Est-ce mauvais signe de redouter ces dates ?
C'est surtout un signal à écouter, pas une condamnation. Redouter la Saint-Valentin, un anniversaire de mariage ou la date de votre rencontre peut indiquer qu'un décalage s'est installé entre ce que cette date est censée célébrer et ce que vous vivez au quotidien.
Cela ne signifie pas nécessairement que le couple est condamné. C'est plutôt une information précieuse sur ce qui, dans le lien, mérite d'être regardé.
Peut-on se servir de ces dates pour se retrouver ?
Oui, à condition de ne pas leur demander de réparer à elles seules ce qui s'est fragilisé au fil des mois ou des années. Une date ne recolle pas un lien à elle seule, mais elle peut ouvrir une porte : celle d'une conversation honnête que l'on repousse parfois depuis longtemps.
Utilisée comme un point de départ plutôt que comme une preuve que « tout va bien », elle peut devenir un véritable moment de retrouvailles.